Rock En Seine 2010 | Bilan
Non non non, une semaine après la fin pour faire le bilan – très positif – de Rock En Seine ne me semble pas être un délai poussif. Je suis persuadé qu’il s’agit de la durée nécessaire de macération des souvenirs; tous les souvenirs de ces performances live auxquelles nous avons assistées sont arrivés à maturation ce soir-même. Bref, entrons dans le vif du sujet – une fois de plus, le weekend aoûtien passé au domaine de St-Cloud s’est avéré riche en événements et en hédonisme musical. A défaut de miser sur des artistes ‘underground’ en quête de notoriété, les organisateurs du festival effectuent chaque année une sélection d’artistes assez éclectique. Alors que l’an dernier, les Yeah Yeah Yeahs, The Horrors, Bloc Party, Vampire Weekend, Passion Pit, Vitalic ou bien encore Birdy Nam Nam s’étaient succédés sur les trois scènes de St-Cloud, c’est à un line-up explosif qu’on a eu droit cette année avec des artistes tels que Cypress Hill, Beirut, Blink 182, Roxy Music, Massive Attack, LCD Soundsystem, Foals, Massive Attack, Jónsi, Black Rebel Motorcycle Club, Two Door Cinema Club, Arcade Fire, Wave Machines, Martina Topley-Bird, The Ting Tings, Deadmau5 ou bien encore les Crystal Castles. Nombreux sont ceux à trouver la programmation de RES trop mainstream, mais force est de constater que c’est également un de ses atouts. Nous avons été plus de 100 000 à avoir foulé les terres de St-Cloud et une chose est sûre, chacun a pu y trouver son compte. Et ce n’était pourtant pas gagné avec le temps qu’il faisait. Le jour le plus pluvieux est quand même devenu le meilleur jour du festival (qu’on soit touché par la grâce du chant de Win Butler d’Arcade Fire ou malmené par les beats aggressifs des Crystal Castles). Nul doute que nous répondrons présents pour l’édition 2011!
Top 3 des meilleurs live:
â– Crystal Castles Vs. the rain : Je n y peux rien, ce groupe me rend complètement dingue. Tout allait bien jusqu’à ce que le duo fasse son entrée; une fois Ethan Kath et la furie Alice sur scène, je ne répondais plus de rien. L’inaugural “Fainting Spell” a achevé de me faire basculer du côté obscure de la force (des châteaux de cristal). Ni l’armée d’ados prébubères en campement dans la fosse avant le début du concert, ni le climat-post apocalyptique qui régnait (un policier qui allume un fumigène au beau milieu de la foule, c’était la guerre je vous dis), ni la pluie battante n’ont altéré la qualité de ce live ahurissant. Je n’écouterai plus jamais “Baptism” de la même manière.
+ Crystal Castles “Baptism” video live
â– Les poulains en forme olympique : bon d’accord, le jeu de mots a un petit goût de moisi. Mais en ce qui concerne le live de Yannis et sa bande, il en est tout autrement. Dieu qu’il est plaisant d’entendre ou plutôt, de savourer le brillant/bouleversant “Black Gold” en live. La grande maîtrise du jeu des anglais laisse pantois; sans oublier que leur dernier album est d’autant plus appréciable en live qu’Antidotes. Quoique, je ne me suis toujours pas remis de la montée bouillonnante sur le décidément parfait “Two Step, Twice”. L’apogée de leur concert? Lorsque la pluie commence à tomber (oui, la pluie est bienfaitrice à St-Cloud) alors que les premières notes de “Spanish Sahara” parviennent aux oreilles de la foule ravie = ouverture maximale des vannes lacrymales, PUTAIN je m’étais pourtant promis de ne pas céder sur cette chanson…
â– LCD Soundsystem is playing at St-Cloud: C’est en grande forme qu’on retrouvait la bande à James Murphy à l’occasion de ce live à RES. Le groupe débarque sur scène, c’est l’euphorie. “Us V. Them” et “Get Innocuous” constituent une solide entrée en matière, “Daft Punk Is Playing At My House” file le vertige, “Yeah” nous met dans un état proche de la transe, “Drunk Girls” est aussi énergique que sur cd. Le boss de DFA est dans la place. Je me décompose littéralement pendant le mélancolique et lancinant “New York I Love But You’re Bringin Me Down” redoublé par une cover du splendide “Empire State Of Mind” de Jay-Z & Alicia Keys. Cependant, je n’ai pas pardonné au groupe de ne pas avoir joué “Someone Great”… jusqu’à ce que je croise James Murphy en backstage et décide de le gratifier d’un pathétique “Jaaaames, you were greaaaat on stage”. Conclusion en demi-teinte d’un live magistral.
On a également aimé:
- la voix d’archange de Jónsi pendant son concert improvisé qui au final aura été bien mieux que ceux de beaucoup d’autres groupes qui avait pourtant bien rôdé leur show…
- Massive Attack qui étaient apparemment “orgasmiques” à en juger les propos de certains, propos que je ne contredirai pas n’ayant pas assisté à leur prestation (j’étais en pleine session dancefloor du côté des LCD, on ne peut pas être partout).
- L’énergie extrêmement communicative des Wave Machines dont l’electro-pop n’est pas sans rappeler la musique de groupes comme Yacht ou Hot Chip.
- La performance des 2 Many DJ’s parceque peu de DJs peuvent se targuer de faire danser/suer autant de personnes sur des morceaux de Joy Divison ou encore Jacques Dutronc (!). La mise en scène était maîtrisée et les visuels tout simplement GENIAUX! Et puis danser au son de “Love Will Tear Us Apart” sous une pluie de plumes, c’est quand même pas rien.
- La décontraction des Wave Machines en interview.
- Le talent certain des français de Quadricolor dont on peut espérer beaucoup de bonnes choses pour le futur. Leur reprise du “Stylo” des Gorillaz fut une sacrée bonne mise en jambes pour l’après-midi qui nous attendait.
- L’excellent concert d’Arcade Fire pour Jantana qui a pu, elle, y assister.
Et beaucoup moins apprécié:
- Ne pas avoir de don d’ubiquité et donc avoir à choisir entre Crystal Castles et Arcade Fire, je suis désolé mais c’est vraiment trop cruel de nous imposer un tel choix.
- Louper Arcade Fire.
- La prestation de Beirut, parceque que même si je demeure un fan inconditionnel du groupe, il était difficile de ne pas s’ennuyer durant son passage sur scène. A revoir dans d’autres conditions.
- Entendre du “Poker Face” qui tabasse, en provenance d’un stand de jeux videos. What the fuck? Il n y aucune place pour l’eurodance de Miss GaGa durant ce genre d’événement.
- Le prix exorbitant de la nourriture et des boissons. On aurait pu me prévenir, que je puisse prendre mes dispositions et passer demander un prêt bancaire avant le festival parceque moi je vous le dis, les sandwich à 8 euros, y avait vraiment intérêt à en savourer la moindre miette.
- La présence de Paolo Nutini. Ce n’est pas que je déteste (loin de là même) mais ce genre de musique n’a pas vraiment sa place aux côtés d’artistes tels qu’Arcade Fire ou encore Massive Attack. Scusa Paolo.
Jantana’s top 3:
1/ Arcade Fire: Win Butler et sa formidable troupe ont assuré jusqu’au bout malgré un temps qui n’était pas à la fête. Un live tout simplement grandiose.
2/ LCD Soundsystem: Ils ont réussi à rempoter l’adhésion du public de manière unanime et à transformer la scène de la cascade en dancefloor géant. Sans compter que James Murphy est une légende vivante. Et puis exécuter un “New York I Love But You’re Bringin Me Down” d’une telle prestance, est un coup de maître qui vaut aux newyorkais la deuxième place du podium pour moi!
3/ Blink 182: Je me suis revue à l’époque de la 5ème et j’ai eu la sérieuse impression de revoir des bons potes. Quand Travis Barker a joué de la batterie la tête à l’envers, j’ai eu l’impression de côtoyer un mythe de teenager…
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Anthems of Rock En Seine ‘10:
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> LCD Soundsystem – Us V. Them
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> Joy Division – Love Will Tear Us Apart
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> Jónsi – Time To Pretend (MGMT Cover)
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Pour d’autres critiques ou pour visionner d’autres photos, vous pouvez vous rendre à cette adresse: http://rockcover.over-blog.com/
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